UN 30 NOVEMBRE…EST-CE VRAIMENT UN HASARD ?

30 Novembre 1989-30 Novembre 2018, deux dates tristes et chargées de symboles pour l'État du Cameroun.

Le 30 Novembre 1989, le Cameroun perdait un homme important de son histoire, le « Père du Cameroun indépendant ». Son excellence Amadou Ahidjo s'est éteint après des années d'exil.
Il s’en est allé après avoir fait le choix de confier le sort des camerounais à un homme qu'il avait formé à ses côtés, en qui il avait cru voir un potentiel « Père de la Nation », chez qui, il crût déceler des aptitudes d'un rassembleur.
Un 30 Novembre comme celui de 2018 où nous perdons l’organisation de la CAN, un homme qui avait hissé le Cameroun au rang de pays respectable à tous égards, s'est éteint au Sénégal, parce qu'il n'était plus autorisé à retourner sur la terre de ses ancêtres, il n'a toujours pas eu de sépulture dans ce pays qu'il s’est investi à bâtir.

Avant le lancement officiel de la campagne électorale, j'avais compris que la mise en ballotage de la dépouille du premier Président du Cameroun indépendant ne pourrait rien présager de bon pour notre pays. J'estimais que compte tenu du statut réservé aux « Pères » en Afrique, le peu de considération envers la mémoire du « Père » du Cameroun indépendant, par son propre successeur désigné, n'apporterait ni de bénédictions, ni de faveurs à ce dernier, et partant, au Cameroun.
Je me suis toujours posé la question de savoir si les échecs répétés que connaît l’ordre gouvernant depuis plus de 30 ans ne pouvaient pas s'expliquer par la tentative d'effacement du Président Amadou Ahidjo de l'histoire du Cameroun. Comment pourrait-il en être autrement, lorsqu'il est presque impossible d'entendre un Officiel de l'État du Cameroun mentionner le président Amadou Ahidjo, encore moins lui rendre hommage ? Comment expliquer cette tentative de bannissement du

Président Ahidjo de notre mémoire collective ?

Est-il justifié que la jeune génération de Camerounais soit plus encline à parler des présidents étrangers de la même époque, sans pouvoir rien dire du Président Amadou Ahidjo ? Cette situation est due au fait que la vraie histoire du Cameroun avec tous ses visages héroïques et institutionnels, n'est pas enseignée aux jeunes. Un choix rancunier et cynique !

30 Novembre ! Ce que m'inspire cette étrange coïncidence entre deux événements tristes dont un deuil national institutionnel et un deuil national sportif, c'est que le temps parle au gouvernement de Paul BIYA qui s’agrippe désespérément au pouvoir par la forfaiture, les évènements lui envoient des signaux qu'il gagnerait prendre en compte, lui à qui, la providence a si souvent souri. Il est inadmissible qu'avec le potentiel qui est le nôtre, le Cameroun peine à mener des projets jusqu'à la réalisation.

L'on peut compter sur les bouts des doigts les chantiers commencés et achevés par le renouveau. Si l'explication prosaïque et pertinente c'est l'incompétence notoire d’un système, bénéficiaire de forfaitures électorales répétées, il s’impose une analyse plus approfondie basée sur des éléments d'immatérialité. Ça ressemble tout simplement à une malédiction « parentale » !

Notre projet de société prévoit la construction d'un cimetière pour nos « pères politiques » Ahidjo, Um Nyobe, Ossende Afana, Moumié…tous ceux qui ont marqué l'histoire du Cameroun. C’est une mesure expiatoire qui s’impose à notre pays. Il est grand temps de prendre langue avec la famille Ahidjo et les autres familles oubliées en vue du rapatriement des dépouilles au Cameroun, l'organisation des obsèques nationales dignes et la construction de sépultures, lieux de ressourcement.
Avec ce qui est arrivé ce 30 novembre 2018, le gouvernement de Monsieur Paul BIYA doit le savoir, l'errance de la dépouille de son Excellence Amadou Ahidjo, pèsera toujours comme un mauvais présage pour le Cameroun.
Dans les cœurs des camerounais, le ressentiment et la haine deviennent débordants. Même des causes de Souveraineté Nationale ne nous rassemblent plus. L’histoire nous rattrape.
La réconciliation nationale devient une urgence.

Cabral Libii


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